nouvelle donne pour l'innovationLes  40 mesures pour l’innovation annoncées sont un peu passées au second plan des bonnets rouges bretons. Dommage. Dans cet environnement morose, les propositions contenues dans ce document, certes pas toutes nouvelles, ont cependant quelques bonnes raisons de nous redonner un peu le moral même si une grande partie du chemin reste encore à parcourir.

Que faut-il en retenir ?

Nous avons déjà noté que les marchés publics devraient davantage s’ouvrir aux jeunes entreprises innovantes. Ce n’est pas trop tôt, serait-on tenté de dire quand on voit les barrages juridico-administratifs mis de fait à la participation des jeunes et petites entreprises aux appels d’offres publics.

On se félicitera aussi des différentes mesures ayant pour vocation d’encourager les « écosystèmes innovants » c’est-à-dire les partenariats entre entreprises et entre acteurs économiques ou celles visant à développer la formation à l’entrepreneuriat.

On applaudira au fait qu’il soit écrit que l’innovation n’est pas qu’affaire de R&D et que « BpiFrance ne soutiendra pas uniquement les projets innovants à forte intensité technologique mais aussi les nouveaux concepts, les nouveaux modèles économiques, les projets entre designers et entreprises engagées dans une démarche d’innovation. » .

L’innovation pour tous

Nous avons bien-sûr regretté de ne pas voir mentionner l’innovation participative. On se contentera de la formule « innovation par tous » qui est le premier axe de ce plan et dans lequel s’inscrivent sans difficulté les démarches participatives.

« L’innovation pour tous » c’est « mobiliser toutes les formes d’innovation, tous les talents de la société française, en agissant sur les freins culturels et pour l’égalité des chances, en encourageant l’initiative, la créativité, le travail en projet, le goût de l’industrie et de l’entrepreneuriat, dans toutes les étapes de la formation et dans la société » rappelle le texte.

La démarche « innovation pour tous » aurait cependant méritée d’être poussée plus avant, notamment pour prendre en compte, en plus de l’innovation de « rupture », l’amélioration innovante quotidienne des entreprises « normales », c’est à dire ces entreprises qui ne sont ni des communautés de geeks (de plus en plus rares) ni des vaisseaux amiral avec leurs escouades de centres de recherche.

Par exemple si vous fabriquez des roulements à billes et que vous imaginez avec vos équipes une amélioration significative dans votre process industriel vous permettant de baisser vos prix ou d’augmenter l’efficacité de vos clients, vous créerez peut-être plus de valeur ajoutée pour le pays qu’un étudiant mettant en ligne un site de garde d’animaux domestiques. Pourtant, ce dernier sera formé, aidé, valorisé et vous, vous resterez une PME du secteur industriel, pas glamour pour deux sous…

Mais bon, restons positifs. Histoire de se faire plaisir, et pour conclure, nous reprendrons cette phrase issue du document (que vous pouvez consulter ici) qui résume bien l’approche innovante que nous souhaitons, modestement contribuer à développer :

« une innovation ne se décrète pas, mais se constate par le succès commercial (ou sociétal) qu’elle rencontre. Elle naît donc souvent aux marges des entreprises existantes et dans des interactions avec des acteurs très différents : « Internet est le produit d’une combinaison unique de stratégie militaire, de coopération scientifique et d’innovation contestataire » selon la phrase de Manuel Castells. »

Your Turn To Talk

Leave a reply:

Your email address will not be published.